SUPPLEMENT TRANSPORTS • SUIVI
Les transporteurs se tournent vers les
services pour dégager de nouvelles marges.
Ils développent des outils d'information en
ligne pour fidéliser leurs clients, leur
offrant la possibilité de suivre leurs
colis, de passer commande en ligne, de
visualiser des récépissés de transport
signés, d'en recevoir une copie, de poser
des questions en ligne.
Traquer ses colis d'un clic de souris
Les Echos n° 18112 du 15 Mars
2000 • page 61
Les 3 colis du bordereau no 608133, d'un
poids total de 32 kilos remis le 10 mars, ont
été livrés le 13 mars à Manosque. » Et si
vous ne le croyez pas, allez donc visualiser
tous les récépissés signés à chaque étape de
votre cher colis...
A l'heure de l'Internet, la nouvelle priorité
des transporteurs n'est plus tant de massifier
les flux pour grossir leur chiffre d'affaires et
finalement améliorer leur productivité.
Aujourd'hui, ils misent sur le développement de
leurs systèmes d'informations tournés vers le
client.
Pour 1 million de francs en moyenne (environ
0,6 million d'euros) ils développent des outils
offrant aux clients la possibilité de suivre
leurs colis, de passer commande en ligne, de
visualiser des récépissés de transport signés,
d'en recevoir une copie, de poser des questions
en ligne, etc. Ces outils interactifs rendus
possibles par les échanges EDI et le suivi
physique des colis par codes-barres, répondent
exactement aux attentes des clients. Un bon
moyen de les fidéliser, à coût d'autant plus
abordable que les investissements informatiques
s'amortissent sur plusieurs dossiers à la fois.
C'est la stratégie adoptée par le groupe
Heppner (chiffre d'affaires logistique 413
millions de francs, 63 millions d'euros) avec la
mise en ligne en septembre 1999 d'un site Web en
français et en anglais (version allemande en
cours). Derrière cette vitrine Internet, se
cachent des logiciels utiles pour le client qui
y accède grâce à un code personnel et un mot de
passe (sur d'autres sites, il suffit d'entrer un
numéro de bordereau).
Il peut ainsi suivre les dernières aventures
de son colis, en temps quasi réel, le site étant
réactualisé toutes les heures. Et Heppner
bichonne ses gros clients : ils peuvent
connaître la dernière position du colis et
visualiser les récépissés de transport. Ce
système fonctionne via un « hub » international
en Allemagne : les transporteurs renvoient
quotidiennement leur boîte noire des récépissés
scannés le jour même. Coût du site : 1 million
de francs, hors coût de personnel.
« Nous avons 250 clients connectés, ce qui
évite 90 % des appels. Les interrogations en
ligne iront croissant au fil de la progression
du taux d'équipement des entreprises en
informatique », prédit Philippe Dartois,
directeur du marketing chez Heppner. « Avant,
nous considérions que moins le client en savait,
mieux on se portait. C'était une grave erreur
car le client ne supporte plus d'être informé
d'un problème par son destinataire », ajoute
t-il.
Bond spectaculaire
Une conclusion à laquelle semblent avoir abouti
d'autres transporteurs, comme Calberson, Gefco,
UPS, CAT ou DHL, par exemple. En pianotant
www.cat.fr, le client passe sans le savoir sur
www.edi21.com (un site de commerce électronique
développé pour le compte de la DG7 à Bruxelles)
qui permet de faire du « tracking&tracing », en
entrant simplement son code d'accès.
« Tous les colis étant “ codes-barrés ” à
l'entrée du dépôt, relus dans les travées
d'expédition, au chargement et sur la dernière
plate-forme, nous offrons une information
ultraprécise », relève
Eric
Mamy,
responsable de l'informatique du groupe CAT.
Outre-Manche, CAT a équipé les conducteurs de
pistolets portables pour lire les codes-barres.
Reliés par GSM au poste central, ils fournissent
de l'information jusqu'au destinataire final.
Ces pistolets portables devraient faire leur
apparition dans les autres pays européens d'ici
peu. « En cas de conflit de réception, cela
apporte des preuves pour les litiges », note
Eric
Mamy.
Coût d'investissement du site de CAT : 800.000
francs (122.000 euros). Depuis le 8 mars, CAT a
créé un autre site, dédié cette fois aux
concessionnaires de motos (www.motobusiness.com)
pour l'échange de motos entre concessionnaires
européens. CAT se frotte déjà les mains puisque
le groupe assurera le stockage et le transport
des véhicules négociés sur le Net.
Faire du « web-booking »
Le Web donne aussi le sourire à Mario Bisson,
directeur clientèle de DHL qui réalise un
chiffre d'affaires logistique de 128 millions
d'euros : « Notre site a été lancé voilà deux
ans, mais, entre août 99 et février 2000, nous
sommes passés de 7.000 à 16.000 consultations »
Outre le « tracking » (5.000 par mois via le
Net), le site de DHL permettra bientôt aux
clients réguliers puis aux occasionnels, de
faire du « web-booking » : il lance sa demande
de coursier, fait sa cotation, établit ses
délais de transit. Le tout, via un logiciel
développé en interne, que le client télécharge
en ligne ou via un CD-ROM fourni par DHL. Il
peut aussi pré-imprimer ses bordereaux
d'expédition en ligne, calculer les délais
moyens de livraison, les moyennes de chargement
sur telle ou telle autre destination. Et, depuis
fin 1999, DHL a lancé un serveur vocal
interactif pour le « speed booking » et le «
speed tracking » : en pianotant sur le clavier
du téléphone, son numéro de compte et l'heure de
départ souhaitée du colis, on peut commander une
expédition. Idem pour suivre ses colis à la
trace. Au téléphone comme sur Internet, rien
n'échappe plus aux clients.
NATHALIE ARENSONAS


Conférence
Expandi sur les nouveaux Schémas
d'implantation
Le
23 octobre 2008 par La rédaction de
Stratégie Logistique
Comment
l'augmentation des coûts de
transport va impacter les nouveaux
schémas d'implantation dans
l'immobilier logistique, tel est le
thème mis en débat au salon Expandi
le 6 novembre.
Face à l'augmentation du prix des
carburants; les directeurs
logistiques et responsables de
supply chain doivent réorganiser
leurs réseaux et déterminer des
schémas alternatifs, avec une
meilleur optimisation des ressources
de transport, manutention et
stockage. C'est lors de cette table
ronde que seront explorées les
pistes possibles. Le débat
sera animé par Eric Mamy du cabinet
conseil A22 co-animera le débat
avec un représentant de la rédaction
de Stratégie Logistique.