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Développement durable
Anticiper pour maîtriser |
1/ le concept de
développement durable
Le concept du
Développement Durable a été défini il y a près de 20 ans : il s’agit
d’un « développement qui répond aux besoins du présent sans
compromettre la possibilité, pour les générations à venir, de
pouvoir répondre à leur propres besoins».
Pour contribuer à
un développement durable, les entreprises sont des actrices
incontournables. Quelle que soit leur taille : multinationale ou
PME, quelle que soit leur domaine d'activité :industrie ou service,
et quelle que soit leur statut : entreprise publique ou privée, les
sociétés peuvent et ont intérêt à mettre en place une démarche de
Développement Durable et d’y associer un plan d’actions très
concret.
En France, ce
concept de développement durable a récemment été converti en
obligation réglementaire : la Loi NRE (sur les Nouvelles Régulations
Economiques – 15 mai 2001) exige que les entreprises cotées en
bourse publient annuellement des informations sur la manière dont
elles prennent en compte les « conséquences sociales et
environnementales de leurs activités ». Concrètement, il s’agit de
diffuser des informations sur les aspects sociaux (formation,
hygiène, parité,…), l’impact territorial de ses activités (filiales,
sous traitants, lien au territoire…) et l’environnement
(consommations en ressources, rejets dans l’air, l’eau, démarches de
certification….).
Les PME-PMI
désireuses de lancer des actions de ce type peuvent en France être
soutenues dans leurs démarches par un certain nombre d’organismes
publics.
Des aides pour le développement durable
De
nombreuses aides financières sont susceptibles d’être octroyées aux
entreprises présentant un projet de développement durable.
Ces projets aidés varient cependant souvent d’une région à
l’autre. Difficile, donc, de préciser des projets génériques qui
seront aidés à tous les coups. Parmi les principaux, on retrouve
notamment la mise en place de la norme ISO 14001, les études de
faisabilité du passage au transport combiné ou aux transports
alternatifs à la route, l’aide à la prévention des risques, la
réalisation d’études sur la maîtrise de l’énergie ou sur la
gestion des déchets, le financement d’opérations exemplaires…
Il est ainsi toujours intéressant, dans le cadre d’un projet
d’amélioration, de contacter certains interlocuteurs. ADEME (Agence
De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), Conseils
régionaux, Agences de l’eau, Chambres de commerce et
d’industrie, banques… : les financeurs sont nombreux et sont le
plus souvent intéressés lorsque des entreprises viennent les
voir avec des projets construits.
Le panel des projets soutenus et le niveau des aides que
pourront fournir les financeurs étant très large, il est
indispensable de se renseigner sur les aides disponibles, les
montants économisés pouvant réduire notablement le coût du
projet adopté.
Le plan
d'actions vis à vis des PME souligne en particulier l'importance de
:
- consacrer une
partie du dispositif d'aides publiques aux PME pour les conduire à
intégrer le développement durable dans leurs stratégies,
- inciter les organismes consulaires à organiser auprès des PME et
des très petites entreprises (TPE) des campagnes de sensibilisation
et d'apport de conseils spécialisés pour l'intégration du
développement durable (…)
"
Les Professionnels
de la logistique et du transport doivent eux aussi s’intéresser au
développement durable,
non seulement parce que leurs activités sont considérées comme
polluantes, mais aussi parce que l’image de leur profession auprès
de l’opinion publique et auprès des décideurs politiques impliquent
qu’il y ait une réelle action pour diminuer ces pollutions. (rejet
de CO2, pollution sonore, accidents de la circulation, …)
S’engager dans
une stratégie de développement durable n’est pas neutre pour une
entreprise du secteur transport et logistique. Cette action
représente un coût : investissement en matériel, formation, mise en
œuvre de nouvelles procédures, suivi de l’impact des actions
entreprises …
Mais les
expériences engagées montrent que les entreprises peuvent en tirer
assez vite profit et les temps de travail investis et les
investissements sont assez vite rentabilisés : baisse du nombre
d’accidents, baisse de la facture énergétique, réduction des coûts
sociaux, …
1 –
Normes internationales : le système ISO
Organisation non gouvernementale regroupant des délégations de
151 pays et intégrant des membres du secteur public et privé,
l’ISO est chargé de créer des normes internationales décrivant
les caractéristiques et les critères à appliquer dans des
domaines aussi varié que la classification des matériaux, la
fabrication et la livraison des produits, les analyses, ou la
fourniture de services. La
norme ISO 9001 :
Sans doute la plus connue des normes internationales, l’ISO 9001
s’intéresse à la maîtrise de la
qualité
des activités et des produits
d’une entreprise. La norme ISO 14001 : Norme
internationale elle aussi, elle définit les principes d'un
système de management de l'environnement
en s’appuyant sur le principe d’amélioration continue des
performances en matière d’environnement.
2 –
Norme européenne :L’EMAS :
Texte européen, l’EMAS est basé sur les mêmes principes que
l’ISO 14001. Il est cependant moins reconnu et possède des
exigences plus poussées sur certains aspects.
3 – Les
autres initiatives :La
norme OHSAS 18001 :
Née d’une initiative privée et élaborée à partir de normes
nationales et de référentiels d’organismes certificateurs, elle
est dédiée au
management de la sécurité et de la santé au travail
et permet aux entreprises de mettre en œuvre des programmes
spécifiques afin de réduire les risques encourus par les
salariés.
La norme SA 8000 :
Cette norme, publiée par un organisme américain, est fondée sur
le respect des droits fondamentaux des travailleurs. Destinée
aux entreprises possédant des centres d’achat ou de production
dans des pays étrangers, elle vise à s’assurer que les produits
sont réalisés dans des
conditions de travail décentes.
La Global Reporting Initiative (GRI) :
La GRI, institut indépendant regroupant des intervenants de tout
horizon, fournit une
grille
d’indicateurs développement durable
permettant aux entreprises de faire remonter et de diffuser des
données économiques, sociales et environnementales.
Le guide SD21000 publié
par l’AFNOR, regroupe des
recommandations pour la prise en compte des enjeux de
Développement Durable
dans la stratégie et le management des entreprises.
Il apporte ainsi une aide à la réflexion initiale, lors de
l'élaboration de la politique et de la stratégie de l'entreprise
et apporte des conseils sur la mise en œuvre de la démarche et
des éléments plus opérationnels
2/
Comment Agir ?
Une
politique de développement durable est constituée de trois leviers
qui permettent d’améliorer les différentes situations « à
risques » :
le social ;
l’économique ;
l’environnemental.
Si les transporteurs et logisticiens répondent normalement et plus
facilement aux exigences des deux premiers volets, cela reste
difficile pour eux de mettre en place une organisation qui favorise
la protection de l’environnement.
Le
volet social
De très
nombreuses actions sont possibles dans ce domaine et sont souvent
déjà engagées par les entreprises, comme par exemple :
-
les
actions de prévention et de sécurité,
-
les
actions de lutte contre l’alcoolisme,
-
la mise
en place de formations adaptées,
-
la lutte
contre le travail clandestin,
-
la mise
en œuvre d’une politique de promotion interne,
-
…
Tous ces
éléments sont importants en matière de développement durable. Le
développement durable constitue pour les entreprises qui s’engagent
dans cette voie un facteur très important de motivation pour les
collaborateurs et devient un élément significatif de différenciation
sur le marché
Le
volet économique
De très
nombreuses actions sont possibles dans ce domaine, On pourra par
exemple retenir toutes les actions visant à réduire les kilomètres
parcourus et la pollution que cela occasionne.
·
Un outil TMS
pourra apporter par exemple des facilités considérables, il peut
permettre d’optimiser la planification des routes, d’optimiser les
tournées, d’améliorer l’exécution des opérations, l’analyse des
capacités des transports et la gestion des réclamations : tout cela
entraînant bien sûr des économies.
·
l’utilisation
d’un logiciel spécifique peut se révéler avantageuse. En effet, la
réduction des coûts passe par un effort sur la réduction des frais
d’exploitation et d’entretien des véhicules. Optimiser les tournées
avec un logiciel dédié peut permettre de réduire de manière
significative le kilométrage et les frais qui s’y rapportent. Cela
conduit parfois à réduire le nombre de véhicules et de chauffeurs
nécessaire au bon fonctionnement de l’organisation.
Optimiser les
chargements, améliorer les coefficients de remplissage, optimiser
l’utilisation des moyens, minimiser les kilomètres parcourus
contribuent à la protection de l’environnement.
On pourra
également rechercher toutes les possibilités d’économiser
l’utilisation des matières premières, des emballages, …
La
question environnementale
C’est
généralement sur le volet environnement que l’industrie du transport
et de la logistique apparaît comme un assez mauvais élève.
L’augmentation de la circulation, particulièrement celle des
camions, cause de nombreuses nuisances. Le transport routier est
particulièrement montré du doigt du fait des effets néfastes qu’il
entraîne sur l’environnement. Une situation qui ne devrait pas
s’améliorer de sitôt et qui devrait continuer à poser des problèmes
car on prévoit une augmentation de 50% des échanges à l’intérieur de
l’Europe d’ici 2015. Les acteurs du secteur sont d’ailleurs
sensibles au sujet puisqu’ils sont eux-mêmes des citoyens.
Les
entrepôts apparaissent également comme une nuisance : stockage de
produits polluants ou dangereux, localisation des entrepôts proche
d’habitation, mode de stockage des produits, systèmes de sécurité,
pollution atmosphérique possible , pollution sonore, prévention des
risques, gestion et évacuations des déchets éventuels, …
L’entreprise se doit donc de traiter tous ces sujets avec sérieux et
civilité, tout en s’assurant d’être de façon permanente dans le
strict respect des normes en vigueur et en faisant en sorte que son
activité perturbe le moins possible l’environnement.
La
responsabilité administrative de l’entreprise peut être engagée, des
sanctions pénales peuvent être prises à l’égard des dirigeants qui
ne respectent pas les normes.
Responsabilité Civile
La
responsabilité civile
pèse
sur l’auteur d’un
dommage causé à autrui (ou à la propriété d’autrui)
(riverains,
activités économiques …) et entend réparer le dommage subi
par la victime. Elle peut être exercée par toute personne qui se
sentirait victime d’un préjudice et pour lequel elle peut
demander des dommages et intérêts, fonction du dommage. Seule
exigence pour que la responsabilité civile d’une entreprise soit
mise en cause : la
coexistence du fait générateur et du dommage, ainsi que du lien
de causalité
entre ces deux éléments.
A
noter que la
responsabilité civile
d’une entreprise peut être mise en cause
pour faute
(pollution
due à une négligence, à une erreur…) ou
sans faute
(pollution
survenue tout en respectant les exigences de la loi). Ainsi
les entreprises respectueuses des prescriptions applicables à
leur activité peuvent être poursuivies civilement si cette
activité a causé des dommages à autrui. Principe confirmé par
l’article L. 514-19 du Code de l'environnement dans le cadre des
Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE):
"les
autorisations sont accordées sous réserve des droits des tiers".
Il est
donc toujours possible d'agir en justice contre un industriel
pollueur, même si celui-ci est en règle.
En
parallèle, on assiste à une
prise de
conscience collective du phénomène de réchauffement climatique,
auquel public, salariés, clients et donneurs d’ordres se montrent de
plus en plus sensibles. Certaines entreprises n’ont pas attendu la
publication de nouvelles réglementations pour étendre leurs
politiques vertes à leurs fournisseurs logistiques : l’engagement
environnemental, notamment sur la réduction des émissions de gaz à
effet de serre, devient un critère de choix de son partenaire.
Aujourd’hui, pour une entreprise de transport et logistique, ne pas
justifier de l’inscription de ses activités dans un développement
durable,
c’est
risquer, à court terme :
-
de
perdre des marchés : des chargeurs tels qu’Ikéa, Volvo, Toyota ont
d’ores et déjà intégré l’environnement dans leurs appels d’offres,
- de
se voir imposer par les actionnaires, les partenaires ou les clients
des objectifs et des critères de développement durable qu’il sera
toujours plus contraignant et plus cher à appliquer que s’ils sont
anticipés et maîtrisés
-
de ne
pas bénéficier des programmes d’aides existants qui disparaîtront
lorsque les objectifs recherchés auront dépassés le stade de
l’innovation,
-
de subir
plutôt qu’influencer les évolutions réglementaires alors qu’en
matière de transport et logistique, tout se joue aujourd’hui : les
organismes publics sont à la recherche de partenaires professionnels
pour développer et tester l’application des obligations de demain….
Une
démarche développement durable est une démarche de progrès continu.
Il faut dans un premier temps recenser dans toutes les actions déjà
engagées par l’entreprise ce qui relève ou non du concept de
développement durable. Dans de nombreux cas, on constate que
l’entreprise fait du développement durable sans le savoir, un peu
comme Mr Jourdain faisait de la prose sans le savoir…
L’étape
suivante est de déterminer les actions complémentaires à mettre en
œuvre à court et moyen terme.
3/
Engager une démarche Développement Durable
Le développement
durable, projet d'entreprise s'inscrivant dans un projet de société,
représente une opportunité de créer un avantage compétitif pour les
entreprises. Elles seront ainsi capables de mieux répondre aux
attentes de leurs clients, employés, partenaires, actionnaires ou,
de façon plus large, de la société.
S’engager dans ce
type de démarche devient inéluctable pour les entreprises du
transport et de la logistique. Par exemple, le système d’échange de
quotas d’émissions de gaz à effet de serre n’est, pour le moment,
applicable qu’aux industries grosses émettrices de CO2.
La Commission Européenne songe déjà à l’étendre au secteur du
transport aérien dont les augmentations d’émission de CO2
ont augmenté de 60% entre 1990 et 2002.
Son introduction dans l'entreprise conduit à la construction de
valeurs communes, source auprès de laquelle se nourrit et s'enrichit
la confiance. L'entreprise mobilise alors les énergies génératrices
de créativité et de compétences.
Pour autant, le chemin qui mène vers cette voie, n'est pas sans
difficultés :
-
Comment faire
converger la culture de l'entreprise avec les valeurs du
développement durable ?
-
Comment
adopter une approche locale tout en maintenant une démarche
cohérente ?
-
Comment
parvenir à effectuer des arbitrages entre des propositions
parfois incompatibles ?
TL et
associés, cabinet de Conseils spécialisé en logistique assiste les
entreprises du secteur du transport et de la logistique pour mettre
en œuvre une stratégie et un plan d’actions de développement
durable.
4/ Les effets
du développement durable

La mise en place
de stratégies de développement durable dans une entreprise permet
notamment de développer les aspects suivants:
- l’anticipation des
contraintes et la prévention des risques
L’entreprise responsable est mieux armée face aux risques menaçant
sa réputation et sa performance : accidents industriels ou
écologiques, risques sociaux…
-
la réduction des coûts
Grâce à une gestion plus performante des déchets et en limitant les
consommations de ressources naturelles non renouvelables,
l’entreprise peut réaliser des économies. De plus, cette stratégie
peut se traduire par une réduction d’impôts.
- l’innovation
La responsabilité sociale et environnementale conduit à porter un
nouveau regard sur l’activité de l’entreprise qui stimule
l’innovation et la créativité. La prise en compte et la résolution
des problèmes environnementaux font également émerger de nouveaux
secteurs d’activités.
- l’avantage de marché, la
différenciation et l’augmentation de la valeur des produits
Cette stratégie permet un positionnement différent de l’entreprise
avec de nouveaux critères de différenciation.
- L’image
L’amélioration durable de l’image de l’entreprise et de la confiance
que lui accordent ses clients t ses fournisseurs
- la performance
économique et financière
Ce point découle de manière logique des facteurs précédents.
Par conséquent, pour les entreprises, l’engagement dans une
stratégie de développement durable devient désormais incontournable,
car elle représente l’unique moyen d’anticiper des contraintes qui
se manifestent de manière croissante.
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